Libération

Je me suis surprise en train de ressentir cet état d’âme dès que j’ai déménagé officiellement en Gaspésie. C’était irréel. Honnêtement, ça m’a pris plusieurs jours à vraiment le réaliser. J’avais le goût de pleurer de joie, de soulagement, d’exténuation, de délivrance tellement je me sentais enfin libre.

Il y a eu ce déclic, voyez-vous, ce feeling de « renaître » encore une fois, mais cette fois-ci, c’était différent. C’était encore plus flagrant, encore plus transparent, et ce, dans tous les aspects de ma vie. C’était incroyable, même mes yeux avaient changé de couleur…Je n’arrivais pas à y croire, je me sentais plus vraie, plus moi-même à un high level. Autrefois, j’aurais flippé. Ça m’aurait troublé à un point tel que j’aurais été désorientée, mais là, j’étais rendue habituée. J’avais apprivoisé la mort et la renaissance qui font partie des cycles de la vie d’un être humain. Ce renouvellement, c’était une renaissance. Une résurrection. Le commencement de ma vraie « vie ». J’étais arrivée là où mon bonheur m’attendait. Et je ne fais pas référence à l’endroit où je me trouve dans le monde, mais plutôt à l’endroit dans ma vie, à un niveau de mon existence.

Déménager en Gaspésie avait effectivement été la dernière clef du trousseau qui avait ouvert toutes les portes au bonheur que j’alimentais à présent. Quitter mes repères, tout ce dont je connaissais pour être près de la mer, my sweet home, avait été l’une des nombreuses étapes que j’avais dû franchir afin d’accéder à mon épanouissement. Il y avait eu ce feu qui avait jailli de tout mon être lors de mon passage à Percé. C’était là que tout avait réellement commencé.

Aurore.

Ce mot qui m’avait été chuchoté un doux matin en juillet portait toute sa signification. Dans les dernières années, étape par étape, la vie avait fait émerger, goutte que goutte, toutes ces couches issues des profondeurs de mon âme, mais arrivant au noyau en juin, c’est là que j’ai été shaken to my knees plus que jamais. On m’a planté une flèche directement dans le coeur. Jamais je ne m’étais autant sentie vulnérable, j’étais enragée contre la vie. En réalité, c’était la plus belle chose au monde qui pouvait m’arriver, mais comme j’étais confrontée à ma plus grande peur, je vivais mon pire cauchemar ever (ma plus grande peur étant l’amour). C’est donc en juin que j’ai fais l’expérience de la mort la plus violente de ma vie sur le plan spirituel. C’est là que je me suis remémorée drastiquement de qui j’étais au plus profond de mon âme. Je me sentais la Belle au bois dormant, sauf que la différence c’est qu’au lieu de me faire réveillée par un baiser, je me suis fais réveillée par la mort…

C’est notre lumière, pas notre ombre, qui nous effraie le plus. – Nelson Mandela

Pour ceux qui me connaissent, j’ai tant résisté pour ne pas en arriver là. J’ai passé par tous les états d’âme qu’un être humain peut passer jusqu’à vouloir disparaître de ce monde pour éviter cette « inévitable destination ». Ce combat, celui de sa destinée, est un combat déjà perdu d’avance. Tôt ou tard, d’une manière ou d’une autre, you always tend to come back to where your heart belongs.

Chaque homme a un trésor qui l’attend. Ton coeur est capable de te montrer ton trésor et là où sera ton coeur, là sera ton trésor. – Paulo Coelho

Tout ça pour vous dire que ça ne donne absolument rien de se battre contre ce qui vous est destiné. La résistance ne fait qu’empirer les périodes de transformation qui sont soit-disant cruciales à votre bien-être, en les rendant encore plus interminables et plus souffrantes. J’ai réalisé que ma vie était devenue un combat, parce qu’au lieu de m’y abandonner, j’ai résisté. C’est ainsi que la vie avait fini par me traîner, que l’univers s’était retrouvé à « conspirer contre moi ». Alors que si l’on s’abandonne à sa nature véritable, à ce qui nous appelle, à ce qui nous fait vibrer, la vie devient plus douce…L’univers, au lieu de nous traîner, nous tend la main…Ainsi, lorsqu’on s’abandonne à son chemin, l’univers ne conspire pas « contre nous », mais plutôt avec nous afin de nous permettre plus facilement de trouver notre trésor et de réaliser notre Légende Personnelle.

À tout être humain ont été concédées deux qualités: le pouvoir et le don. Le pouvoir conduit l’homme à la rencontre de son destin; le don l’oblige à partager avec les autres ce qu’il y a de meilleur en lui. – Paulo Coelho

Personne ne m’avait dit que le secret de la voie de l’amour, c’était dont ça: l’abandon de soi. Personne ne m’avait prévenu. Personne ne m’avait dit que c’était la seule façon d’accéder à son bonheur. Personne ne m’avait dit à quel point il était terrifiant de s’abandonner à un pouvoir supérieur. Personne ne m’avait dit que la plupart des obstacles qui marquent cette route, celle de la quête de soi, comportent en eux-mêmes les réponses clefs de son existence.

Personne ne m’avait dit que pour se délivrer du superflu, du matériel, de son karma personnel, il fallait passer par là. Par la noirceur.

Une paix inexplicable m’envahit depuis mon arrivée à Gaspé, mais vous devez savoir qu’avant d’en arriver là, j’ai dû passer par un dépouillement si souffrant, si éprouvant émotionnellement, mais si essentiel, ô combien bénéfique. Nul d’entre nous n’échappe à ces étapes regorgeant d’obstacles, de tests et de défis. Ces étapes-là font émerger, goutte que goutte, tout ce qu’il faut de notre royaume intérieur au bon moment de notre vie et au bon endroit afin que nous puissions, un jour, nous remémorer de qui nous sommes tout en s’enracinant qu’en rayonnant. Nous passons définitivement tous par la noirceur avant d’accéder à la lumière. Il reste que nous avons toutefois le pouvoir de rendre le chemin moins douloureux en nous abandonnant à ce qui est plus grand que soi…

Ce que je sais, c’est que je pourrai toujours compter sur l’univers, sur la vie pour me ramener si jamais y me prenait encore une fois l’envie de m’en aller…

Merci infiniment la vie. Merci de m’avoir guidé. Merci de m’avoir « rentré dedans » lorsque j’en avais besoin pour me recentrer. Merci.


Tous droits réservés©LeCoeurdeMaya

© Félix-Antoine Bergeron

Collier artisanal conçu par Laurence Bernier

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